mercredi, novembre 23, 2005
Apocalypse 5, 1 - 5
" Le Seigneur vient "

" 1 Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux.
2 Et je vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte: Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux?
3 Et personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne put ouvrir le livre ni le regarder.
4 Et je pleurai beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder.
5 Et l'un des vieillards me dit: Ne pleure point; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. "
Version Louis Second - 1910
Quel livre plus énigmatique que celui de l’apocalypse?
- C‘est en langage codé…
- Da Vinci Code ? Nan, Nan , Nan… plus fort, plus complexe, plus vrai.
Ecrit au début du 1er siècle sous la pression persécutrice faîte aux premiers chrétiens, les symboles utilisés sont des clefs d’un projet ici exposé : les révélations.
Certains spécialistes pensent que le narrateur est Jean, ce même Jean qui, du coup, est représenté jeune ( étrangement , il ne se décrit pas comme vieux - à aucun moment - dans cette apocalypse…) pendant le ministère de Jésus, puisque l’on situe cet écrit, le dernier du canon chrétien, assez tardivement… à une époque troublé où l’empereur romain voulait être considéré comme un dieu, que les chrétiens étaient pourchassés, contraints de se cacher, risquaient milles tortures et la mort pour ce qu’il revendiquaient. Et on a parfois la critique acerbe sur la conduite de l’église au fil des siècles – et on a raison de ne lui rien laisser passer – mais on oublie parfois l’immense courage de ces anonymes dont les siècles défilants ne nous ont pas ramenés les noms… ou si peu.
Or, il y a fort à parier que cet ouvrage s’adresse à eux. Qu’en ait-il de ce passage et son message ?
Point par point.
L’ensemble du texte des révélations tient ses références de l’ancien testament, ce passage ne fait pas exception.
L’érudition du théologien me fait ici défaut, pourtant il doit y avoir un moyen de se laisser pénétrer , dans son coeur, par ce texte. Voilà donc quelques propositions, sans prétentions, pour interpréter ( sans malheureusement ne parler ni le grec, ni l’hébreux – ceci dit pour excuser les subtilités échappant à une simple lecture sincère comme celle que je ne suis qu’à même de faire ) la terminologie employée :
1 - « Je vis »… Le narrateur raconte un rêve, le rêve a une fonction prémonitoire, exprime un désir, une volonté.
- « la main droite »… est celle de la justice, celle qui choisit le « droit chemin » ?
- « celui qui est assis sur le trône » est celui qui dirige ce monde…
- « un livre écrit en dedans et en dehors » : le livre, les livres qui racontent l’alliance avec Dieu,
ses et nos relations intimes – en dedans, ses et nos actes – en dehors ?
- « scellé de sept sceaux » : 7 ne représente-t-il pas le chiffre de la perfection, pour l’homme ?
puisque 6 représente celui du diable, du mal , de non-fini ?
Un sceau ne scelle-t-il pas un pacte, un accord… et en ce terme d’accord,
le complément manquant à l’homme… accordé en Dieu ?
2 – Qui est cet ange puissant qui crie ? Un ange est un être qui parle en tant que messager de Dieu…
Celui-là est décrit puissant et parlant d’une voix forte..cad avec autorité ?
- « Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux? » S’agit-il d’un défi ?
S’adresse-t-on à ce, ceux, qui voudraient prétendre à changer les termes de cette alliance ? …
Pour cela, il faudrait qu’il, qu’ils puissent justifier de cette dignité, ce cette reconnaissance ?
3 – 4 Personne dans le ciel ( cad dire ayant déjà vécu… et vivant maintenant dans… l’éther ) , sur terre ( cad, vivant sur terre ), personne sous la terre ( … je crois savoir que dans certaines traductions on parle de la mer, cad un territoire étrange et considéré comme hostile).
«… ouvrir et regarder le livre… » Il semble que les deux soient liés.
Cad, il est possible de l’ouvrir ( comme on ouvre une brèche ) mais de n’y rien voir,
cad comprendre ( dans les évangiles, l’œil est celui qui reçoit la lumière et est guidé par elle…)
Qui peut donc prétendre a « ouvrir »-perçer cette alliance et en expliquer tous les mystères,
rendre limpide et évidente l’harmonie d’avec Dieu, perdue?
5 – « un vieillard » : un sage ? un prophète ? console…
Un de ceux qui ont déjà joué leur rôle sur terre et qui connaissent l’espoir…
« le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » ; l’héritier, l’attendu, le Messie,
lui seul peut prétendre à cette dignité là.
Le thème de ce dimanche est « le Seigneur vient », nous commençons le temps de l’avent…
- avant quoi ?
- Avant son avènement, sa naissance.
Il est donc bien entendu que ce texte qui paraît si mystérieux, si obscur, s’adressait aux contemporains du narrateur. Il s’agit là d’une exhortation à trouver le courage de résister aux temps difficiles… de les traverser avec bravoure et foi.
Pour nous qui serons installés confortablement au chaud dans une église de 700 ans, à Saint-Guillaume- Strasbourg qui en
« a vu d’autre… de vertes et des pas mûres », ces paroles peuvent nous paraître lointaines… nous passer au dessus de la tête : il est bien loin le temps où se dire chrétien pouvait attirer des sanctions de mort, il est bien loin le temps où de se dire protestant pouvaient coûter la vie.( pour nous européens... parceque sachons que ce n'est toujours pas le cas dans d'autres régions du monde...).
Pour les jeunes de XPro-machins qui se rassemblent ce w-e à Strasbourg, peut-être aussi ?
Il faudrait leur demander leur motivations ?
Qu’est-ce qu’il y a à comprendre de paroles qui ne semblent pas nous être adressées directement ?
- Peut-être cet exemple de ténacité : de ce narrateur qui en vertu de tout ce contexte chaotique, cette peur au ventre d’être pourchassé pour ce qu’il est : un de ceux qui suivent le Christ, continue de rêver, continue d’espérer, de communiquer sa foi et l’idée de ce monde à venir pour ceux qui veulent y croire et participer.
Et en cela, ce livre peut nous parler, peut nous aider à monter le projet cohérent auquel nous aspirerions, dans lequel chacun serait libre d’attendre comme d’agir, au temps présent.

" 1 Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux.
2 Et je vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte: Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux?
3 Et personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne put ouvrir le livre ni le regarder.
4 Et je pleurai beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder.
5 Et l'un des vieillards me dit: Ne pleure point; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. "
Version Louis Second - 1910
Quel livre plus énigmatique que celui de l’apocalypse?
- C‘est en langage codé…
- Da Vinci Code ? Nan, Nan , Nan… plus fort, plus complexe, plus vrai.
Ecrit au début du 1er siècle sous la pression persécutrice faîte aux premiers chrétiens, les symboles utilisés sont des clefs d’un projet ici exposé : les révélations.
Certains spécialistes pensent que le narrateur est Jean, ce même Jean qui, du coup, est représenté jeune ( étrangement , il ne se décrit pas comme vieux - à aucun moment - dans cette apocalypse…) pendant le ministère de Jésus, puisque l’on situe cet écrit, le dernier du canon chrétien, assez tardivement… à une époque troublé où l’empereur romain voulait être considéré comme un dieu, que les chrétiens étaient pourchassés, contraints de se cacher, risquaient milles tortures et la mort pour ce qu’il revendiquaient. Et on a parfois la critique acerbe sur la conduite de l’église au fil des siècles – et on a raison de ne lui rien laisser passer – mais on oublie parfois l’immense courage de ces anonymes dont les siècles défilants ne nous ont pas ramenés les noms… ou si peu.
Or, il y a fort à parier que cet ouvrage s’adresse à eux. Qu’en ait-il de ce passage et son message ?
Point par point.
L’ensemble du texte des révélations tient ses références de l’ancien testament, ce passage ne fait pas exception.
L’érudition du théologien me fait ici défaut, pourtant il doit y avoir un moyen de se laisser pénétrer , dans son coeur, par ce texte. Voilà donc quelques propositions, sans prétentions, pour interpréter ( sans malheureusement ne parler ni le grec, ni l’hébreux – ceci dit pour excuser les subtilités échappant à une simple lecture sincère comme celle que je ne suis qu’à même de faire ) la terminologie employée :
1 - « Je vis »… Le narrateur raconte un rêve, le rêve a une fonction prémonitoire, exprime un désir, une volonté.
- « la main droite »… est celle de la justice, celle qui choisit le « droit chemin » ?
- « celui qui est assis sur le trône » est celui qui dirige ce monde…
- « un livre écrit en dedans et en dehors » : le livre, les livres qui racontent l’alliance avec Dieu,
ses et nos relations intimes – en dedans, ses et nos actes – en dehors ?
- « scellé de sept sceaux » : 7 ne représente-t-il pas le chiffre de la perfection, pour l’homme ?
puisque 6 représente celui du diable, du mal , de non-fini ?
Un sceau ne scelle-t-il pas un pacte, un accord… et en ce terme d’accord,
le complément manquant à l’homme… accordé en Dieu ?
2 – Qui est cet ange puissant qui crie ? Un ange est un être qui parle en tant que messager de Dieu…
Celui-là est décrit puissant et parlant d’une voix forte..cad avec autorité ?
- « Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux? » S’agit-il d’un défi ?
S’adresse-t-on à ce, ceux, qui voudraient prétendre à changer les termes de cette alliance ? …
Pour cela, il faudrait qu’il, qu’ils puissent justifier de cette dignité, ce cette reconnaissance ?
3 – 4 Personne dans le ciel ( cad dire ayant déjà vécu… et vivant maintenant dans… l’éther ) , sur terre ( cad, vivant sur terre ), personne sous la terre ( … je crois savoir que dans certaines traductions on parle de la mer, cad un territoire étrange et considéré comme hostile).
«… ouvrir et regarder le livre… » Il semble que les deux soient liés.
Cad, il est possible de l’ouvrir ( comme on ouvre une brèche ) mais de n’y rien voir,
cad comprendre ( dans les évangiles, l’œil est celui qui reçoit la lumière et est guidé par elle…)
Qui peut donc prétendre a « ouvrir »-perçer cette alliance et en expliquer tous les mystères,
rendre limpide et évidente l’harmonie d’avec Dieu, perdue?
5 – « un vieillard » : un sage ? un prophète ? console…
Un de ceux qui ont déjà joué leur rôle sur terre et qui connaissent l’espoir…
« le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » ; l’héritier, l’attendu, le Messie,
lui seul peut prétendre à cette dignité là.
Le thème de ce dimanche est « le Seigneur vient », nous commençons le temps de l’avent…
- avant quoi ?
- Avant son avènement, sa naissance.
Il est donc bien entendu que ce texte qui paraît si mystérieux, si obscur, s’adressait aux contemporains du narrateur. Il s’agit là d’une exhortation à trouver le courage de résister aux temps difficiles… de les traverser avec bravoure et foi.
Pour nous qui serons installés confortablement au chaud dans une église de 700 ans, à Saint-Guillaume- Strasbourg qui en
« a vu d’autre… de vertes et des pas mûres », ces paroles peuvent nous paraître lointaines… nous passer au dessus de la tête : il est bien loin le temps où se dire chrétien pouvait attirer des sanctions de mort, il est bien loin le temps où de se dire protestant pouvaient coûter la vie.( pour nous européens... parceque sachons que ce n'est toujours pas le cas dans d'autres régions du monde...).
Pour les jeunes de XPro-machins qui se rassemblent ce w-e à Strasbourg, peut-être aussi ?
Il faudrait leur demander leur motivations ?
Qu’est-ce qu’il y a à comprendre de paroles qui ne semblent pas nous être adressées directement ?
- Peut-être cet exemple de ténacité : de ce narrateur qui en vertu de tout ce contexte chaotique, cette peur au ventre d’être pourchassé pour ce qu’il est : un de ceux qui suivent le Christ, continue de rêver, continue d’espérer, de communiquer sa foi et l’idée de ce monde à venir pour ceux qui veulent y croire et participer.
Et en cela, ce livre peut nous parler, peut nous aider à monter le projet cohérent auquel nous aspirerions, dans lequel chacun serait libre d’attendre comme d’agir, au temps présent.